Le racisme.

C'est un fléau

Qui frappe au cœur

De nos enfants meurtris

Par les éternelles vagues

Immenses de la haine et de la honte.

 

Sont-ils Noirs, Métis ou Arabes,

Ils sont les enfants et vous les bourreaux !

Ils sont le capital de la douleur

Où de familiers flots de méchancetés

Côtoient dans les masures de votre ignominie

Le cortège sinistre de votre entière bassesse.

 

À l'école comme dans la rue

Vous frappez au clou les ailes de la liberté

Le noir intense de la différence

Vous exécrez le magnifique teint

Du basané

Les boucles sublimes du métissage

Vous, les invétérés au racisme, oui, vous !

Vous détestez tout ce qui ne vous ressemble pas

Car vous ignorez que l'amour de soi

N'est pas la haine de l'autre.

 

À l'école comme dans la rue

Vous vous moquez

Vous blessez

Vous insultez

 

Le lendemain

Vous recommencez —

Leitmotiv abominable !

Vous frappez au cœur,

Toujours et encore

Dans un continu d'une mer rageuse

Vous brûlez toute humanité

Par vos feux semblables aux vagues houleuses

Vous incendiez toute parcelle d'amour

 

Puis, après avoir détruit l'humanité,

Après avoir haï avec amour

Après avoir détesté avec verve

Toute humanité dans nos différences,

Vous contemplez

L'immensité de votre mépris,

La lugubre étendue de vos achèvements

Vous passez le flambeau de la honte

Pour que le cortège de fous furieux ne s'arrête jamais

Pour que l'usage hostile se perpétue :

Anéantir nos enfants.